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Expatriée au Japon Journal de vie

Mon année 2020 au Japon

Introduction

Presque un an sans donner de nouvelles, ça fait long je sais. En fait en m’absentant aussi longtemps je me suis rendue compte que beaucoup de personnes de mon entourage allait sur mon blog/Insta/youtube pour avoir de mes nouvelles. Plus qu’un blog, ce site a toujours constitué un genre de journal de vie depuis mon expatriation au Japon et même avant. Je m’y confiais assez intimement, sur ma vie, en publiant des photos et je permettais ainsi aux autres mais aussi à moi même de garder une trace de tout ce que j’avais traversé pour en arriver là où j’étais.

Certes, c’est bien joli tout ça me direz-vous mais pourquoi ressortir le nez hors de mon terrier depuis tout ce temps ? Et bien je vais tenter de mettre des mots sur mon ressenti lorsque j’ai décidé de quitter, ou du moins de faire une pause sur les réseaux et mon blog. Pour cela, je vais vous faire un bilan de cette année 2020 mouvementée.

J'ai dû renoncer à mes projets professionnels suite à l'épidémie.

En fait, c’est drôle (non en fait), mais tout a débuté après mon arrêt du travail à l’aéroport de Narita en mars 2020, c’est-à-dire au départ de la crise du coronavirus en France. J’avais des projets professionnels plein la tête. Malgré que certains aspects de mon travail en tant qu’agent d’escale m’avait pas mal contrariés, j’avais envie de poursuivre dans cette voie, et de tenter ma chance chez une entreprise qui assurait les vols des compagnies comme Airfrance, Delta airlines entre autres. Avec mon expérience, je pensais décrocher vite une nouvelle position d’agent d’escale, et je n’avais pas vraiment tort, puisqu’après avoir postulé à l’entreprise que je souhaitais j’ai été directement sollicitée pour passer un entretien d’embauche. L’esprit serein, je suis partie en voyage avec ma compère Elise dans la préninsule d’Izu. Je publierai un article à ce sujet, mais c’était vraiment un bol d’air frais après cette demi-année de travail intensif à l’aéroport.

travail japon narita
Le jour de mon départ de l'aéroport de Narita
izu shimoda
Cliché de mon voyage au sud d'Izu.

Tout semblait aller pour le mieux, donc c’est sereinement que je suis rentrée en France pour trois semaines de retrouvailles avec ma famille. Ca m’a fait un bien fou de revoir mes amis, j’aimerais bien pouvoir rentrer régulièrement en France dans l’avenir car parfois même si j’adore le Japon, la France me manque beaucoup aussi…

Mon retour en France, j'ai voyagé du côté de Tarbes

Mais patatra retournement de situation la crise du coronavirus est venue contrarier tous mes plans (et probablement ceux de beaucoup d’autres…). J’ai dû rentrer au Japon en catastrophe (et bonjour la galère pour trouver un billet d’avion abordable…) et le pire :  Mes entretiens se sont fait annulés, « repoussés jusqu’à une date ultérieure ». J’étais dégoutée.  Je me retrouvais donc dans l’incapacité de poursuivre mon projet professionnel dans une voie qui m’aurait pourtant plu. Mon retour au Japon s’est suivi d’une période de déprime aigue.  

J'ai galéré à trouver un autre travail

Après mon retour au Japon, ce fut une période de « vache maigre » où je n’avais la motivation à rien, surtout dans le cadre du COVID et ses restrictions pesantes. A ce moment là j’avais un mois d’économie à tout casser et mon chéri lui, venait de finir ses quatres années d’université et cherchait donc un travail. Heureusement, ce dernier en trouva vite un (en même temps, ça ne m’a pas étonné, vu sa vivacité d’esprit ^^ ». Je me sens toujours bête quand on parle de choses logiques ensemble haha, j’ai zéro logique xD). Ce fut un peu « la bonne nouvelle » car nous commencions à bâtir ensemble des projets d’avenir comme par exemple l’achat d’une maison à la campagne et voulions donc économiser. Je vous en parlerai plus en détail dans un prochain article. Bref, alors que mon chéri s’épanouissait dans sa nouvelle entreprise, qui plus est, une « white kigyou« , c’est à dire une entreprise pas à l’ancienne, dans le genre relax avec ses employés, moi je faisais aussi des pieds et des mains pour trouver un boulot. Vu que je ne pouvais pas continuer dans le secteur aéroportuaire, et que je ne voulais pas retourner dans l’enseignement du français, j’épluchais les offres d’emploi concernant la traduction et les jeux vidéos. Après quelques refus (qui font toujours mal à l’égo je dois le dire), j’ai trouvé un job à temps partiel pour une entreprise de test et traduction d’applications. C’était au début du mois de mai il me semble, d’ailleurs la floraison des cerisiers était particulièrement belle, j’ai pu improviser quelques hanami avec mon chéri et mes amies !

Je suis restée dans cette entreprise jusqu’en fin juillet, date à laquelle l’entreprise n’eut plus de projets à me confier. Je fus donc remerciée en mode « merci eden san osewa ni narimashita« . Ca s’est fait du jour au lendemain, donc je me suis de nouveau retrouvée dans la recherche de travail sans crier gare. 

sakura 2020
A la cérémonie de remise de diplôme de mon chéri.
sakura 2020
Les sakura étaient magnifiques

J'ai quitté les réseaux sociaux par peur et par déprime.

Alors que je travaillais dans l’entreprise de traduction d’applications à Kinshicho, il m’est arrivé une expérience assez sordide qui m’a fait prendre conscience du danger d’avoir ses données personnelles sur internet. Je n’en ai parlé à personne. Je voulais ne surtout pas y penser, et que ça s’arrête vite. Alors voilà, c’était un japonais de l’entreprise, que j’appellerai M-san. Ce M-san en question était le chef de mon bureau, d’une quarantaine d’années et supervisait tout notre étage. Je ne vais pas m’épancher sur le sujet, mais pour faire simple, ce dernier devenait de plus en plus insistant à mon égard, en voulant m’inviter à manger, à faire des sorties, jusqu’à ce qu’un jour il me propose même de devenir mon « papa katsu » (sugar daddy). C’est à ce moment là qu’il me dégouta définitivement, rien que sa proposition me donna envie de gerber; J’avais beau refuser toutes ses avances, ce dernier m’envoyait des mail tous les soirs, c’était étouffant, et je ne voulais pas que mon chéri sache tout ca. Et alors que j’écris ces mots je me sens tellement gênée en y repensant j’en ai des frissons.

A ce moment vu qu’on galérait financièrement avec mon chéri je ne me voyais pas arrêter le travail donc je faisais tout pour éviter M-san et ne répondait plus à ses messages ni rien. Et puis un jour il est venu vers moi en me montrant mon instagram, ma châine youtube, mon profil linked in, mon facebook, tous les réseaux sociaux qui étaient reliés à ma vie plus ou moins intimement. Et le fait qu’il touche à ma vie « privée », ma vie « hors travail », je le ressentis comme une espèce de « viol » de mon âme (c’est dur à expliquer). J’ai fait une espèce de crise d’angoisse avant de lui envoyer un message le soir même en lui disant que si il continuait à chercher à me connaitre j’irai voir la police et je porterai plainte, que je quitterai l’entreprise et qu’il ne me reverrait plus jamais. Dans la foulée c’est là où j’ai effacé les images de mes réseaux sociaux pour que plus personne n’y ait accès. Heureusement l’affaire n’est pas allée plus loin et M-san s’est calmé. Je soupçonne quand même cette histoire d’être la raison de mon départ de l’entreprise mais bon… 

Suite à mon départ, je suis passée par une phase où je voyais les réseaux comme quelque chose de toxique et je voulais disparaitre d’internet. Je trouvais malsain que les gens affichent leurs vies sur les réseaux en l’attente de like ou d’abonnements. Sur youtube aussi alors que pourtant ma chaine augmentait nettement en trafic, je me retrouvais à me comparer avec tel ou tel youtubeur et finalement je n’arrivais plus à regarder d’autres vidéos youtube tranquillement.  Je décidais donc d’y mettre un terme aussi.

Je voulais profiter de vivre ma vie à travers mes yeux plutôt qu’à travers ceux d’un appareil photo ou du regard des autres. J’en suis donc restée sur cette pensée là. 

Pendant cette période là, je suis aussi partie avec mon chéri sur un coup de tête à l’océan, la plage de Kujukuri 九十九里浜 à Chiba. Nous avons fait tout le trajet à vélo, une grande première pour moi et je peux vous dire que mes fesses et mes poignets ont trinqué x). Ceci dit, le jeu en valait la chandelle, il n’y avait pas un chat à cause du COVID sur la plage (sauf des pépés qui nettoyaient la plage). On s’est régalés ! Le retour a été un peu dur mais bon x).

Kujukuri beach
riziere chiba

J'ai accumulé les petits boulots sans enthousiasme sous fond de COVID.

J’ai dû cumuler plusieurs petits boulots qui ne me plaisaient pas plus que ça et ça a beaucoup joué sur mon moral.  Dans le lot, prof de français en ligne (je préfère tellement les cours en présentiel, ça n’a rien à voir…), de la retranscription de dialogue de français sur papier (un des job les plus ennuyeux du monde, vous ne pouvez pas imaginer xD), testeur de jeux vidéos. Bon pour le coup testeur ça m’a bien plu mais c’est comme pour la retranscription, ça ne sollicite pas de performance intellectuelle et c’est pas du tout viable sur le long terme.

Ensuite, le fait que tous les matsuri aient été annulés, idem pour les événements annuels que j’attendais avec beaucoup d’impatience (dont un en particulier qui comptait énormément pour moi, j’y reviendrai dans un article) et  les inepties à propos de la crise du COVID m’ont passé toute envie de me concentrer sur mes passions et je pensais simplement à gagner de l’argent parce que mon chéri lui faisait de son mieux et que moi aussi je devais faire quelque chose.

Heureusement je me suis quand même fait quelques sorties « estivales » avec mes amies, ai improvisé des matsuri, feu d’artifices en yukata et ai voyagé avec mon chéri pour mon anniversaire. Mais globalement mon moral était au ras des pâquerettes.

atami photo
Atami pour mon anniversaire
spocha au japon
Ma première fois dans un "spocha" au Japon, un lieu où on peut pratiquer plein de sports.
Vue sur la mer (Inage beach)
Port de chiba
Pseudo croisière dans le port de Chiba (pas terrible xD)
yukata inage
Sortie yukata à la plage
yukata inage
yukata inage
Hanabi (feu d'artifice) sur la plage !
yukata inage
corona manifestation
J'ai beaucoup participé à des manifestations contre les décisions du gouvernement face au COVID
Une sortie à la montagne, bol d'air frais.

...

J'ai retrouvé le moral et je suis excitée à l'idée de 2021

Je dirais que j’ai toujours compté sur mes rêves et sur ma motivation pour maintenir ma vie à flot. J’ai toujours aimé le fait d’être indépendante, de m’en sortir seule, de me prouver à moi même que je pouvais réussir tout ce que j’entreprenais. Sauf que cette année je me suis retrouvée sur la touche, plus ou moins « financée » par mon chéri, déprimée par les restrictions sanitaires qui ont détruit mes projets et finalement sans possibilité de sortir la tête de l’eau. En tout cas j’ai constamment eu la sensation d’être en train de lutter à contre courant. Aujourd’hui encore, professionnellement parlant ça va être dur pour moi de me trouver car même si le déménagement est un de mes rêves commun avec mon chéri, je sais que je vais galérer pour me trouver un travail qui me plaise (surtout que je ne digère toujours pas d’avoir était mise sur la touche avec cette histoire de COVID). 

MAIS. J’ai la sensation aussi géniale de démarrer une nouvelle étape dans ma vie. Comme tourner une page et d’avoir plein de perspectives qui s’offrent à moi. Si la situation nous le permet, nous avons beaucoup de projets avec mon chéri, la construction d’un mode de vie « autonome » à la campagne, la mise en place de permaculture, des voyages dans le monde et surtout surtout… Chut secret, vous saurez tout dans le prochain article !

Donc oui, aujourd’hui même si je suis toujours pleine d’angoisse et d’incertitudes, j’ai retrouvé le moral et je me sens heureuse d’écrire. (C’est vraiment en arrêtant d’écrire mon blog que je me suis rendue compte à quel point ça me manquait et à quel point ça me permettait de coucher mes sentiments sur papier). 

J’achève ainsi cet article. Je remercie ceux qui vont continuer à soutenir le blog, ou instagram, en tout cas j’espère que tout va bien pour vous et que vous vivez aussi bien que la situation vous le permette cette année. Les prochains articles seront porteurs de grandes et heureuses nouvelles donc ils me tardent déjà de vous retrouver pour en parler !

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